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Le jour où j’ai reçu l’habit…

26 juillet 2014

 

Un jour est venu vers lequel j’allais où j’ai reçu l’habit !

Après des mois de postulat, après avoir un peu compris que l’habit ne fait pas la moniale, qu’il n’est pas nécessaire d’être parfait pour recevoir l’habit monastique ni de le revêtir pour vivre l’Evangile, je l’ai demandé.

C’est toujours nouveau pour moi, découvrir encore que nos chemins d’humanité sont tissés d’imperfection et de grâce. Et c’est pas fini !

Mais la spécificité dans mon cheminement actuel peut-être, c’est qu’au cours de mon postulat s’est peu à peu développée l’intuition que continuer la vie monastique en demandant, recevant et revêtant l’habit m’était vraiment bon, manière de choisir la vie et de vivre dans l’espérance.

Au cours de mon discernement avant cette étape tout de même significative, j’avais eu l’occasion de rencontrer des novices cisterciens et bénédictins, de leur demander simplement « alors ça fait quoi… ? »

Les réponses ont été différentes, fonction de leurs cheminements, de leurs personnes uniques, et de la difficulté à exprimer en des mots ce qui vient toucher le cœur, et l’ouvrir. Celui. Qui est, et donne d’être.

J’ai reçu l’habit de novice cistercienne un jour comme les autres sur la terre, un jour du matin au soir – et pourtant différent.

J’avais choisi le 26 juillet, jour où l’Eglise fait mémoire de ma sainte patronne, Anne, jour de fête pour celles qui portent ce prénom, le portent comme une grâce – pour l’avoir reçu.

Je souhaitais une grande simplicité, pour vivre ce jour en vérité, comme les suivants ! Sans tralala, le Christ au centre, et moi faisant un pas dans la communauté de Cabanoule, tournée vers Lui…

Jour simple et sans pression, jour d’impressions – imprimer cette image de Dieu qui appelle à lui ressembler… dans la simplicité du quotidien, hors des grands discours et autres belles théories, simplement vivre avec.

Alors ce n’était pas un jour de dernière fois, mais un jour nouveau où choisir la vie pour continuer d’entrer dans l’éternité.

Du coup, exit mes fringues perso, mes converses, mes éternels chemisiers, l’affirmation de ma différence quelque part, pour me rendre disponible à me recevoir comme unique… Pour revêtir le Christ finalement.

Alors ce fameux 26 juillet, forte de mon intuition confirmée par la communauté de la Paix-Dieu, des priants qui ont confié mon cheminement avec Dieu à Lui (ben oui !), cela est advenu : dans l’intimité de la communauté, en présence de mes sœurs, j’ai pu recevoir, comme la transmission d’un héritage commun (le salut) et du mien propre (idem) ce vêtement.  Transmis avec grand respect, il a été une étape décisive où me recevoir de Dieu, à travers ma communauté. Pour suivre Jésus Christ, avec l’Evangile comme repère.

Cela m’a paru très simple et cohérent, dans la continuité pour me tenir dans le réel, ou plutôt laisser Dieu m’y tenir.

J’ai pu me sentir libre, dans la conviction de n’avoir rien à prouver

Je l’ai reçu comme une réponse à un appel, ma réponse à Dieu et sa réponse à moi

Je l’ai reçu comme une force pour le chemin, vivre un abandon de ce qui n’est pas la réalité habitée par Dieu, réalité de mon noviciat

Depuis que je porte l’habit, il me semble qu’il est une force pour m’accompagner à lâcher prise. A accepter de ne pas savoir.

Il me rappelle que je suis dans la vie du Christ

Un membre de son corps

Il m’ouvre à habiter le réel

 

Sœur Anne

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Monastère Cistercien de la PAIX-DIEU   -   1064, Chemin de Cabanoule - 30140 Anduze   -   Tél : 04 66 61 73 44 / Fax : 04 66 61 87 94

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