"Viens, Seigneur Jésus, viens !" C'est l'appel fort que nous lançons en ce temps de l'Avent. Et voilà, le Seigneur est venu pour sœur Blandine. Il est venu la cueillir comme un fruit mûr avant l'hiver, ce 13 décembre 2017. Ces quelques lignes veulent tenter d'évoquer, pour nous le faire suivre avec cœur, son sillage. Les dons de courage et d'énergie n'ont pas manqué à sœur Blandine pour tenir pleinement sa place dans la vie cistercienne et ses exigences selon l'appel reçu de Dieu.

Deuxième de six enfants, d'une famille chrétienne, la jeune Annick reçu une éducation aussi forte qu'aimante. C'est ainsi que le handicap de la polio de son enfance n'a pas arrêté l'élan fervent de sa vocation. Entrée au monastère de Notre Dame des Gardes à l'âge de 28 ans, elle reçut l'habit et s'y engagea par la profession temporaire puis solennelle. Sa force d'âme et sa culture (licenciée d'Anglais) la firent choisir très tôt, trop tôt pour elle, comme Maîtresse des nombreuses novices de l'époque. Cette place avait été laissée vacante par l'envoi de sœurs à la fondation du Bénin. Envoyée ensuite elle-même dans une autre fondation, celle de notre monastère de la Paix-Dieu, sœur Blandine y continua cette tâche. 


Elle fit aussi preuve de savoir-faire dans l'organisation de la bibliothèque naissante et grandissante. De ses mains habiles, sortaient aussi de belles reliures et même pendant quelques temps, la taille et la couture des vêtements; non sans un certain perfectionnisme. Elle assurait aussi le choix des lectures du réfectoire. Quelques chutes lui valurent encore des temps plus ou moins prolongés d'immobilisme et des séances de kiné. Des séances de kiné elle en eut d'ailleurs toujours l'accaparante nécessité.













Peu à peu, dans les toutes dernières années, soeur Blandine dû quitter ses cannes qui la menaient pourtant partout, pour le déambulateur et le fauteuil roulant. Il lui en a coûté particulièrement de ne plus pouvoir descendre au scriptorium pour en garnir encore les rayons de nouveaux livres. Puis vint l'heure du cancer qui envahit ses poumons. Prévenue de son état, et hospitalisée, elle acquiesça volontiers à son éventuel départ. Les médecins pensèrent que cela viendrait sans tarder. Mais les jours passèrent, sans traitement lourd, avec le soutien de l'oxygène. 

Et c'est bien vivante qu'elle pût regagner le monastère et sa chambre. Tout en demeurant alitée et bien entourée des soins nécessaires, des auxiliaires de vie, et de ses soeurs, soeur Blandine resta paisible, un peu ignorante de son état, accompagné d'une certaine amnésie. Cette limite ne l'empêchait pas de demeurer attentive aux autres, et de garder son goût pour la lecture.












"Vous ne savez ni le jour, ni l'heure" dit le Seigneur. Pourtant Il n'est pas tout à fait venu comme un voleur. En ce mois de décembre la vitalité de soeur Blandine s'amenuisa avec la perte d'appétit. L'heure approchait visiblement mais paisiblement, quand le souffle devint de plus en plus court. La communauté se rassembla alors avec le Père Aumônier pour une dernière prière auprès de soeur Blandine. Et le Seigneur recueillit son dernier souffle au matin de ce 13 décembre, à deux mois de ses 90 ans, laissant encore à notre mémoire le dernier souvenir de la beauté lumineuse de son visage.


Sr Marie-Benoît Ce 25 décembre 2017, en la fête de Noël

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